mardi 12 mars 2013

Cloud Atlas

Bon, il faut que je l'écrive maintenant, à chaud, sinon je vais laisser ça derrière moi.


Quand j'ai entendu parler du projet Cloud Atlas, il était présenté comme "l'impossible adaptation du roman de David Mitchell". Le dit roman était dans les rayons de la bibliothèque où je bossais, et mon attrait pour son sujet fut immense dès le départ (j'ai une grande attirance sur les occurrences dans le monde, les choses qui se répètent, le destin, tout ça). Mais je laissais ça de côté, surtout par obligation professionnelle.

Puis le livre est sorti en poche, et je décidais, l'été dernier, de m'en saisir, avec la sortie du film qui approchait. Mais encore retenu par mes lectures "obligatoires" (certes plaisantes), je remettais le pavé à plus tard. La mauvaise volonté d'un distributeur me sauvait, en repoussant la sortie française à Mars. Je lirai donc Cartographie des nuages avant le film (sachant qu'il m'est impossible de lire un livre après avoir vu le film, l'impression que mon imaginaire ne peut plus coller de visages sur les héros, d'être enfermé dans la lecture de quelqu'un d'autre...).


J'ai mis le temps (il faut dire que c'est du lourd), mais je finis conquis par un roman qui par ses multiples niveaux, genres, tons, était un miracle en soi, et je ne pouvais qu'attendre en haute estime le film des Wachowski et Tykwer, d'autant que mes camarades l'avaient énormément appréciés au dernier festival de Gérardmer.

L'attente fut récompensée, au centuple. Car non seulement l'adaptation est juste, mais elle est même enrichie, dans ses changements, par un grand nombre d'éléments absents du livre.


Comme le souligne la critique de filmdeculte, les références cinématographiques, à peine voilées, sont multiples et font échos aux références littéraires du livre. Elle crée du lien, encore plus de liens, entre les histoires (Cavendish s'évadant de sa maison de retraite hurlant les paroles de Soleil Vert, détail génial).

Si dans certaines tournures (on pense à la réécriture quasi totale de l'histoire de Sonmi), on a certes un peu perdu au passage, l'histoire de Frobisher, elle, n'en devient que plus forte, plus riche. Le désespoir et l'amour éperdu du héros, plus fort ici, en font l'épisode le plus émouvant du film, le plus génial. Et on ne peut, en passant, que rappeler à quel point Ben Whishaw est un immense acteur.


C'est un autre élément de réjouissance du film: les comédiens. En usant du maquillage pour leur donner à chacun une place dans le récit de l'autre, on s'émerveille aussi de voir les comédiens articuler des personnages différents, les reconnaître sous les traits, et voir par là même les répétitions d'erreurs, les oppresseurs, l'avarice, ceux qui auront à coeur de sauver un autre, par un geste ou un sacrifice. Les ponts entre les histoires n'en sont que plus jubilatoire (il suffit d'évaluer le personnage de Tom Hanks au fil des histoires pour en observer la trame, du crime à la rédemption). Et puis quel coup de génie d'aller trouver tous ces comédiens et notamment d'offrir un renouveau frais dans la carrière de vieux briscards comme Hanks ou Hugh Grant (méconnaissable), un peu trop cantonnés dans leurs habitudes. Et de jouer aussi sur les races, les genres, pour mieux montrer une unité face au destin, à l'Histoire, où chacun ne se distingue que par ses actions, et non sa nature ou ses origines.


Mais surtout, l'une des forces du film, c'est sa musique. Ce thème musicale, le Cloud Atlas, qui parcoure la narration, fait s’entremêler les histoire, comme une connexion à l'infini où tout le monde, à travers le temps, se parle, s'étonne ou s'effraie pour l'autre. La musique du film, éblouissante, participe à la maestria de l'ensemble, lui donne le ton, l'objectif (je pense qu'aucune séquence de cinéma cette année n'égalera le long montage sur "All Boundaries are Convention" (spoilers)). Et ce montage fou, hystérique, qui épouse la narration, qui joue de cette union musicale, là où le roman s'articulait plus sagement dans un crescendo (certes extrêmement intéressant dans sa construction, mais beaucoup moins fort que ce qui l'image permettait d'accomplir).


Cloud Atlas, comme le roman de David Mitchell, parle du destin, de la répercussion dans le temps, dans la vie des autres, de nos actions, bonnes ou mauvaises. Il parle simplement de l'histoire, qui se répète, des erreurs qui reviennent, de la nature humaine qui compile tant de contradictions. Voilà un film qui prétend à cela et qui y parvient, à sa manière. 

mercredi 20 février 2013

T'as écouté quoi en 2012?

Et voilà, donc, un bon mois après, et sans fioriture, parce que c'est un peu tard, bien après les tops des uns et des autres. Va falloir commenter un peu, mais en fait, je me lasse de repousser ces messages parce qu'il faut écrire une prose...Et quand il s'agit de parler de musique, j'ai probablement plus de mal...

Mais bon, allons-y!


1- Sigur Ros - Valtari




 Bon, disons-le, dès la première écoute, dans le métro, alors que l'hiver quittait Paris, le soleil brillant le long de la seine, ce dernier album de Sigur Ros (alors que j'avais abandonné le groupe à Takk, c'est loin), fut un grand, un immense coup de coeur, de ces disques qu'on sait qu'on réécoutera toute la vie... Un de ces disques là.


2- Lana Del Rey - Born to Die+Paradise Edition


Juste pour Ride, l'un des morceaux, sinon le morceau que j'ai le plus écouté (avec Dayglow Reflection, où Lana chante avec Bobby Womack, dans le numéro 3). Mais aussi pour tout le reste. Impossible de résister à cette tuerie de premier album qui mélange si habilement les genres, porté par cette voix si puissante, chaude, extraordinaire.

3- Bobby Womack - The Greatest Man In The Universe


 Conclut le trio de tête. Un album qui conclut la rencontre entre Bobby Womack et les gens de Gorillaz, après Plastic Beach. Une oeuvre lumineuse, touchante, vibrante... Et puis il y a le duo avec Lana, Ce duo...


4- Patrick Watson - Adventures In Your Own Backyard



L'increvable de l'étape. Rien n'y change, Mister Watson va continuer, encore et encore, à pondre des merveilles. Enorme amour pour le single qui donne à l'album son titre, juste...pfiouuuuu....

 5- Michael Kiwanuka - Home Again


LA découvert, de la bonne soul comme on l'aime...Et en Vinyl, il y a ce petit plus, ce petit grésillement, ce côté humain, chaleureux... Un disque sublime, rare.

6- Egalité:

Electric Guest - Mondo



Team_Me-To_The_Treetops
 

Two Door Cinema Club - Beacon


Metric - Synthetica


 Cat Power - Sun


Et 5 disques pop qui dépotent pour clore le top, parce que c'est quand même la Pop qui a dominé mes écoutes de 2012. Jamais trop sucré, jamais surproduite, juste de la bonne musique qui sait trouver son tempo. Bonus pour 3,6,9 de Cat Power, pour The Head I Hold d'Electric Guest et l'immense: Patrick Wolf & Daniel Johns...Que d'écoutes de tout ça...


Et enfin, citons en vrac:
Alabama Shakes -Boys & Girls


 Benjamin Biolay - Vengeance

Beach House - Bloom


Bloc Party - Four


Brian Eno - Lux

 
Chromatics - Kill For Love
 
First Aid Kit - The Lion's Roar

Garbage - Not Your Kind of People

Gotye - Making Mirrors

Joseph Arthur - Redemption City


Ladyhawke - Anxiety


Mai Lan - Mai Lan


Melody Garbot - The Absence


Patti Smith - Banga

Sébastien Tellier - My God Is Blue
 
The Chemical Brothers - Don't Think
The Hives - Lex Hives

The Ting Tings - Sounds From Nowheresville

Fun - Some Nights
The Lumineers - The Lumineers


Que de la bonne came! Et en avant (enfin!!!) pour 2013!


mardi 19 février 2013

Zero Dark Thirty



Bon, je pensais pas aimer le dernier film de Kathryn Bigelow. Un film sur la traque de Ben Laden du point de vue de celle qui a mené LA enquête qui a mené sur quelque chose... Au départ, je regardais le projet de loin, le post-démineur de la réalisatrice, un nouveau film qui semblait dans la même veine...

Zero Dark Thirty, c'est le portrait d'une obsession. 11 ans à cherche une aiguille dans une botte de foin, à en devenir fou. Des années à perdre tous les gens autour de soi, à succomber aux facilités, à distordre les éléments, à chercher. C'est un peu le Zodiac du film de guerre, sauf que contrairement aux flics de San Francisco, Maya retrouve, elle, son tueur. Par hasard, dans un moment fragile.

J'adore qu'on se focalise sur elle, son ressenti, sa ténacité, que la réalisatrice garde son cap, sans dévier. J'aime qu'elle en montre la frustration, comment ses actions au départ ne mènent à rien (vision du terrorisme au quotidien), combien le pouvoir semble fou au départ. L'ouverture sur les cris d'horreur du 11 septembre se traduisent par une folie humaine dans une chambre de torture, premières scènes insoutenables, comme un écho l'un à l'autre, pas une justification, un écho douloureux, une forme de réaction en chaîne de l'horreur.

Revenons deux secondes sur la "polémique". Je me souviens avoir, à l'époque, adoré The Social Network pour sa nuance. Quand Fincher nous présentait Mark Zuckerberg, il nous laissait avec un drôle de gout en bouche. Mark est-il jugé dans le film? Oui, c'est un salaud, il abandonne ses amis... Oui, très bien, mais qu'en était-il de ses amis? Sont-ils jugés? Oui, chacun voyait en Zuckerberg un moyen de servir ses ambitions personnelles, un outil dont ils disposaient dans leurs jeux pour parachever leurs succès. L'ambiguité naissait ici : Mark n'a-t-il pas eu raison de faire ce qu'il a fait? Où serait-il s'il n'avait pas lâché les gens autour de lui pour s'assoir seul sur le trône? baisé. Il a eu raison? Sûrement. Probablement, mais en aimez-vous Zuckerberg pour autant? Non. Cautionne-t-on son action? Non...Mais qu'aurait-on fait? Un autre chemin? Oui, mais lequel?

La polémique du film sur la violence et la torture se ramène, selon moi, à la même idée. Oui, on observe, écoeuré, cette violence, que la réalisatrice choisit de ne pas ignorer, ni glorifier (on voit bien qu'elle n'amène quasiment rien, des bribes, que le terrorisme perdure, mais qu'elle rompt le silence). Mais l'ambiguité est là, elle est forte, elle ternie et tourmente tout le reste de l'action. C'est une guerre sale, elles sont bien là. Les ignorer, c'est justement ça l'horreur. Et le film ne se lasse pas de questionner, sans relâche, pour justement ne pas laisser ses questions au passé, ne pas laisser à l'histoire ce que les uns voudraient qu'on retienne. Non, l'histoire vient totalement, avec les horreurs, avec la folie...

Au delà de ces premières scènes, de ces vidéos, de ces images, Bigelow prend le temps de disséquer l'espoir perdu des agents de la CIA, qui sont envoyés dans l'abysse. La relation de Maya avec ses supérieurs est extrêmement bien décrite. De ce personnage de monstre qu'incarne génialement Jason Clarke, portant l'horreur sur ses épaules, assumant visage découvert ce qu'il inflige, quand il tend une cagoule aux autres, pour qu'ils ne soient que témoins anonyme. Et celui de Jennifer Ehle, qui s'accroche comme une drogue à sa piste, désespérée : chacun renvoie un miroir à Maya, qui se voit en missionnaire, en survivante, celle qui reste pour finir le travail, jusqu'à la folie. Le film exploite miraculeusement le jeu de Jessica Chastain, dont on observe, lentement, scrupuleusement, la métamorphose. Au delà de tout, du cahier des charges du film (la longue exécution finale, horrible de méticulosité dans sa reconstitution, horrible parce que quelque part cathartique, et d'autant plus salissante), c'est vraiment son jeu qui est au cœur du film. Le plan final en est une illustration puissante, un vrai dernier plan comme on les aime, une forme de questionnement, ni soulagé, ni guéri...

Zero Dark Thirty est une réussite inouïe, de ces films qui vous hantent, vous font réfléchir, sans note d'intention flagrante, sans personne à côté de vous qui souligne chaque trait grossièrement pour dire "c'est bien", "là, c'est pas bien". Il n'y a pas de héros dans ce film, que des opérateurs d'une répercussion, un écho à l'horreur, qui semble sans fin, sans point final

lundi 18 février 2013

A bord du SSV Normandy...



Il y a un mois et demi, à l'aurée de la fin du monde, je décidais, enfin, de me lancer dans l'aventure de Mass Effect. On me vantait son côté immersif, addictif. Je me souviens de la bande annonce du second épisode au cinéma, qui m'avait impressionné... J'avais des réserves, et surtout la peur de ce qui allait se produire, une bonne grosse addiction. Mais il faut parfois se faire du mal...

Et puis voilà, je suis, un mois et demi après, en train de finir le troisième épisodes, 60 heures de jeu au bas mot. Et ce fut un sacré voyage...



Si je devais décrire Mass Effect, ce serait la rencontre absolue entre le jeu vidéo et la science-fiction. Le jeu vidéo à son meilleur, subtile mélange de jeu de rôle et d'action, multipliant les prouesses visuelles, le soin porté aux détails, le côté passionnant de la création. La science-fiction par la capacité du jeu à brasser une grand nombre d'aspects du genre, du space opéra à l'anticipation, et d'amener à ce regard sur la société, ce parallèle fort entre l'univers fantasmé et notre présent. En l'état, la trilogie Mass Effect, sa capacité à évoluer dans le fond et la forme, parvient à tout réunir.



Les concepteurs du jeu ont été beaucoup plus loin que cela encore. Pour chaque peuple, son histoire, ses traditions, sa participation dans les guerres qui ont jalonnées l'univers. Pour chaque personnage, sa propre destinée. Et autant de possibilité que de choix que votre héros fera, les uns se répercutant dans le jeu suivant, comme une immense histoire où une décision dans le premier jeu trouvera répercussion grave dans le troisième, assurant le caractère immersif et renforçant ce sentiment de faire vraiment parti de l'histoire, écrire SON scénario du jeu.



Et puis il y a cet univers qui me fascine. Mass effect vous immerge dans un espace fait de contrées reculées, de laboratoires secrets, de peuples bannis, d'autres exterminés, de luttes historiques, de combats acharnés pour la survie et l'égalité...La trame de chaque intervenant est en elle-même une histoire extraordinaire à entendre, à développer, souvent émouvante (la balade dans le laboratoire désaffecté où vivait le patient zéro est un moment chargé, extrêmement fort). Et puis les retours inlassables sur le passé de l'univers, la guerre contre les Rachnis, le Génophage etc... La mythologie de Mass Effect est jubilatoire, d'une richesse rare dans l'univers du jeu vidéo.

Rajoutez à ça un visuel incroyable, une musique prenante, et vous avez, tout modestement, l'une des meilleures expériences de jeu vidéo possible. Une histoire à part entière, un univers total...Immersif, le mot était faible. Addictif lui convenait mieux.Et il me reste encore à découvrir les autres histoires (via les romans, notamment, édité chez Milady en France)?


On me souffle que la fin de Mass Effect 3 en fait rager plus d'un. Difficile à dire...J'ai choisi d'aller à droite (ceux qui ont fait le jeux sauront de quoi je parle), je pense que je referai le (dantesque) final pour voir l'autre fin.

On quitte l'univers le coeur gros, on a envie de s'y remettre, mais il faut bien mettre le mot fin quelque part. Merci Bioware, merci Drew Karpyshyn (même s'il n'est pas auteur sur le troisième, on lui doit l'univers et les personnages principaux).


Et à bientôt...

dimanche 6 janvier 2013

Mon année cinéma 2012


2012 s'achève et en regardant le compteur, on s'arrête à 82 films, un chiffre tout à fait honorable (oui, on s'arrête pile poil comme l'année dernière), compte tenu de mes autres activités audio-visuels, de ma pantouflardise grandissante, du mois passé à l'autre bout du monde...

Faut d'oeuvres surpuissantes, ce sont les traditionnels de l'étape, Fincher et Nolan, qui ont remporté la palme, sans originalité, parce que je n'ai rien vu cette année qui pouvait les détrôner. Et croyez bien que ça me désole un peu quand même. Rien pour supplanter un Fincher certes exceptionnel, mais qui sur d'autres années ne se classait pas tout en haut.

Prenons les cinq dernières années, incorporons Dark Knight Rises et Millenium dans le top:

En 2011, ils seraient arrivés 3ème et 5ème, au milieu de Black Swan, Drive et Melancholia
En 2010, placé 6ème et 7ème, derrière Toy Story 3, Social Network, Inception, Fantastic Mr Fox ou encore Dragons (quelle année...)
En 2009, 4ème et 6ème, derrière Benjamin Button, Avatar, District 9, ou Ingloriuous Basterds

Bref, pas des champions... Mais ne dramatisons pas tout. Millenium demeure, et ce encore plus à chaque visions, une oeuvre absolument extraordinaire. Si Fincher s'est plus fait serviteur de l'oeuvre de Stieg Larsson que réel créateur, il n'en demeure pas moins un film absolument hypnotique. Des scènes demeurent dans mon esprit, je me suis repassé la rencontre avec le vieil oncle nazi récemment, cette montée de tension dans l'interprétation sombre et le texte du vieil homme, cette haine canalisé, froide. Je repense à l'article que je lisais l'autre jour sur le thème des violences faites aux femmes et cet autre, sur rue 89, et je repense au discours si troublant du tueur de femmes du film, qui m'avait particulièrement interpellé par son horrible justesse, ce raccord sombre avec le réel, cette façon d'envisager le mal qui glace.

Et puis il y a Lisbeth... Rooney Mara en Lisbeth, sa force, sa haine, sa violence, et surtout cette fragilité si troublante, cette accessibilité si vite brisée, ce final si triste parce que sans fioriture, comme son héroïne, cette façon de dire en baissant les yeux qu'elle a rencontré quelqu'un, d'acheter une carte d'anniversaire, comme une enfant... Lisbeth est un personnage rare chez Fincher, émouvant. Et cette envie folle qui nait à l'idée qu'ils puissent faire les deux suites, pour la voir, elle, plus encore...

Et puis il y a Batman. Si les déçus sont légions (et je ne parle même pas des polémiques débiles de cet été, qui ont permis à intelligentsia bien-pensante de la culture française de se faire Nolan, parce que bon, le p'tit gars a trop de succès, c'est forcément louche), je n'en fais pas parti. Mieux, j'ai une affection spéciale pour ce film, surtout pour sa fin, pour le regard de Michael Caine, pour le plan final extraordinaire, parce qu'avec ce film, c'est un immense moment de cinéma qui s'achève, une trilogie qui a poussé le cinéma de divertissement plus loin, hors de ses formats habituels, à tous les niveaux. Nolan a donné son talent à Batman, et cette trilogie en est un testament immense et inoubliable.

Bon, et si on quitte les deux habitués, on trouve quand même d'autres choses magnifique cette année. La lumière et la musique de Jean Eyre, de Cary Fukunaga, la tension toujours palpable qui s'oppose à la passivité étrange du personnage Ben Affleck dans Argo, une gravité extrêmement bien vu.

Il y a ce tigre qui contemple l'abysse, sur un bateau isolé de tout, et qui comprend, soudain... Il y a cette scène, bouleversante, dans Oslo 31 Aout, où le héros observe ses pairs dans un café, imagine la suite de leur chemin, leur conversation sur leur avenir.

Je repense aussi au 20 dernières minutes de Skyfall, cette maison qui éclaire le champs dans son embrasement, le regard halluciné de Javier Bardem, peut-être le moment le plus incroyable de cette année cinéma.

2012 fut aussi l'année de l'apocalypse ("Let the sky fall..." comme disait Adele), il ne faut pas l'oublier.Et si Batman parvient à l'empêcher, tout comme les Avengers, et avec quelle maestria visuelle, d'autres ne peuvent que la constater, comme les deux amants du superbe Perfect Sense, ou la petite fille des Bêtes du Sud Sauvage, deux œuvres à la frontière de la SF qui nous livrent une idée plutôt juste ce que ça pourrait être, intime, comme pour Melancholia, une fin de tout.

2012 fut ainsi, des petites choses qui s'imbrique, qui donne du très bon. Même si jamais on n'atteind des sommets, il y a dans ce fourbi des moments précieux. Et rien que pour ça...

 TOP 5
1

Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes 


2

The Dark Knight Rises


3

 
The Avengers


- Argo


- Perfect Sense


- Skyfall 


4

Les bêtes du Sud sauvage


Oslo, 31 Aout 


Life of Pi 


 Jane Eyre 


5

 
Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres


 The Hunger Game


Magic Mike 


 Ernest et Celestine


Mentions spéciales 2012:

- à Steven Soderbergh pour son énergie et sa créativité, son regard sans fausse pudeur sur les mal stripper de Magic Mike qui rend le plus plus précieux et intelligent qu'un autre aurait pu faire.

-à Jared Harris, autant pour son génial Moriarty de Sherlock Holmes 2 que pour son émouvant personnage de Mad Men.

-au Karen O, pour ses brillantes chansons pour Millenium et Frankenweenie. Parce que sans elle, ces films seraient moins bons.

-à Hulk. Oui, c'est le meilleur de Avengers, et il existe enfin vraiment au cinéma. Quel pied!

- à Tom Hardy, autant pour son Bane que pour la découverte en vidéo de Warrior, chef d'oeuvre absolu, où il est juste incroyable.

-à LA scène de l'année, dans "La Cabane dans les bois", quand les portes de l’ascenseur s'ouvrent...*orgasme*

-à ce dialogue de Young Adult, si affreux, et si juste:
 


 Allez, on termine en vidant les chiottes:

Le pire film de l'année, de très loin devant les autres: L'amour dure 3 ans de Frédéric Beigbeder, cauchemar à tous les niveaux, l'interprétation catastrophique (mais j'aime Gaspard Proust quand même), la mise en scène plate, l'histoire débile, les guests "mais pourquoi, pourquoi?", la lourdeur totale du truc. Pire film depuis un bon moment, je pense.

Suivent: 
- l'affligeant The Sitter avec des enfants pourris, des blagues vieilles de 100 ans,un film de feignasse. 
- Le Magasin des suicides, qui continue de creuser la tombe de Patrice Leconte, ex-réalisateur talentueux, qui aurait bien fait de se tenir à sa retraite.
- Dark Shadows, de Tim Burton. Encore un vrai film de feignasse, mou, agaçant, l'impression de la commande bis, après Alice et la confirmation que ses films avec Helena Bonham Carter sont ses pires. Heureusement pour Tim est survenu Frankenweenie cette année, un vrai retour aux sources, béni!
- Sur la piste du Marsupilami, triste film comme une commande, sans vraie idée, sans folie, trop gamin, jamais drôle... Alain Chabat sera cette année dans Turf de Fabien Onteniente. Alain a-t-il décidé de se saborder définitivement???

jeudi 13 décembre 2012

Lauffray-Dorison: Enfin les épisodes 4!


Voilà maintenant deux ans que j’attends l'épisode final de Long John Silver et encore plus longtemps pour Prophet, les deux chefs d’œuvres inachevés du Tandem Dorison-Lauffray.

Voilà que ce matin, au hasard d'une petite migraine, je suis passé sur le blog du dessinateur et ai découvert la vérité, c'est qu'ils planifient deux sorties pour le premier semestre 2013. Les deux avancent bien.




Prophet est une série démarré en 2000 et dont on n'a pas de nouvelles depuis 2005. L'histoire est difficile à résumer, je vais emprunter celui de Wikipedia:

Depuis qu'il est revenu d'une expédition au fin fond de l'Himalaya, où il a découvert les vestiges d'une très ancienne civilisation jusqu'ici inconnue, rien ne va plus pour Jack Stanton. Sujet à des visions, il rassemble ses mémoires de l'expédition dans l'écriture d'un livre qui lui vaut d'être la risée du monde scientifique. C'est alors que survient l'impensable : après un accident survenu en plein cœur de Manhattan, il se retrouve transporté dans ce qui semble être un monde parallèle...

Une passionnante plongée dans cet univers de démons, avec ce talent du dessins fantastique de Lauffray et l'écriture débordante d'imagination de Dorison (que je considère comme l'un des meilleurs scénariste, que ce soit avec les Sentinelles, Sanctuaires, son XIII Mysteries ou récemment Asgard récemment qui envoyait bien).

Mais voilà, la fin abrupte du tome 3 laissait un sale gout dans la bouche, il FALLAIT finir.



Quant à Long John Silver, la série ultra récompensé, c'est juste à pleurer de partout. Scénario de fou, mise en image époustouflante. Si je désespérais de Prophet, il ne faisait aucun doute que le tandem finirait bien celui-ci.

Faisant suite à l'histoire de Stevenson, on voit Long John Silver ressortir de sa retraite pour partir couvrir une expédition au coeur de l'Amazonie, Après avoir traverser un grand nombre d'épreuves. Un voyage qui rappellera Conrad à beaucoup d'entre nous, où la piraterie est à son meilleur, et le dessin de Lauffray est juste à tomber, dans le détail comme dans la splendeur des ensemble.

D'ailleurs, en passant, son site Web, lauffray.com, est un petit bijou, bourré d'artwork et de découvertes (ses images pour le Nemo avorté de Christophe Gans sont géniales).

Voilà, une petite note de réjouissance, après la fin du monde, ce sera BON!!!

mercredi 12 décembre 2012

Un petit point sur mes attentes ciné!

Avant la fin du monde, un petit tour de ce qui nous attend dans "l'après"...



The Master
Plus que quelques jours avant la sortie du nouveau film de Paul Thomas Anderson, des critiques qui saluent, des petits teasers qui ne disent rien, à part que ce sera une orgie pour les yeux. Gros potentiel de number one!

Django Unchained
Nouveau Tarantino avec pleins de beaux gens dedans, des bandes annonces qui annoncent un film réjouissant. Après Inglorious Basterds, qui alliait la fantaisie à un certain sérieux dans le traitement, une vraie tension, bref un retour à ce que Tarantino a fait de mieux (qu'il n'a selon moi pas bien su mixer dans Kill Bill et Bld de la Mort), espérons le meilleur de son Western.

Happiness Therapy
Sous ce titre pourri de distributeur sans couille se cache le nouveau film de David O'Russell, réalisateur fou qui il y a longtemps a commis des perles comme Flirting with Disaster, Three Kings et s'est récemment refait une toilette avec l'excellent The Fighter. Ici, Bradley Cooper et Jennifer Lawrence et en bonus un (parait-il) excellent De Niro (on n'ose plus trop y croire) font le casting de ce film auréolé d'un immense accueil à Toronto.

Sept Psychopates
Mon attente s'est un peu émoussé passé le trailer du film, moins intéressant que prévu. Mais bon, vu mon amour pour le précédent film de Martin McDonagh, Bons Baisers de Bruges, il se peut que celui-ci fasse merveille.


Promised Land
Le titre, l'affiche, le casting, le réalisateur. Matt Damon et Gus Van Sant, c'est toujours bon, donc soyons enthousiaste!

Lincoln
Ouais, quand même...Grosse curiosité, peur aussi, après le décevant War Horse...Mais bon, juste pour le casting.

A la Merveille
Terrence Malick, c'est juste suffisant pour aller voir ce film qui est suffisamment malaimé pour nous rendre curieux.

Cloud Atlas
Réputation dingue, livre effectivement complexe à adapter (et surtout pour en faire comprendre le sens, l'objectif)...Ultra curieux!!!





Side Effects
Le retour de Rooney Mara, sous la direction de Steven Soderbergh. La bande annonce est un peu "ça passe ou ça casse", mais les récent Contagion et Magic Mike me font dire que Steven est dans une bonne passade. Espoir, quand tu nous tiens

Iron Man 3
Ben ouais, malgré la déception du second opus, l'idée de revoir Downey Jr avec Shane Black fait envie. Et le petit teaser était parfait.

Only God Forgives
Après Drive, les retrouvailles entre Nicolas Winding Refn et Ryan Gosling. Bon, voir la gueule cassée de Gosling a fait monter l'envie d'un cran, comme une curiosité de ce que les deux nous préparent. Ça sent le vigilante...

After Earth
Le grand retour de M. Night Shyamalan, ex-prodige rencardé après quelques faux pas malheureux (même pas pu voir son dernier film)? J'ai envie d'y croire, le pitch a l'air très réjouissant. A voir pour le casting, Jaden Smith me fait peur...


Star Trek into Darkness
Bon, passé le teaser, force est de reconnaitre que ça va probablement déboiter. Le premier était excellent, faites qu'il en soit ainsi du second.

Man of Steel
J'avoue, depuis la bande annonce vu ce matin même, je suis plus que curieux, je suis impatient. Ca peut et ça doit être génial. Snyder peut le meilleur et aussi le pire. Casting parfait, images impressionnantes...IL FAUT!

Pacific Rim
Peut-être l'attente de l'année...Si si. Del Toro qui verse dans la grosse SF, j'ai envie que ce soit un déferlement de folie, avec des robots, des affrontements de dingue, et tout et tout!

Les Schtroumpf 2
Naaaaaan, j'déconne

The Lone Ranger
La bande annonce était on ne peut plus réjouissante. Verbinski peut se planter totalement (ce fut le cas avec ses suites aux pirates, avec le Mexicain etc...) mais il peut aussi faire du très bon (Ring, Pirates, Weather Man, Rango). Espérons que ce soit le cas ici.


Elysium
Allez, avec le Del Toro dans la liste des plus grosses attentes. Le réal de District 9, Matt Damon, Jodie Foster, de la SF...Rien à ajouter

The World's End
The End of the World
Deux projets, deux curiosités très différentes.Pis c'est parfait pour clore la liste!


Bon, il y a encore pleins de trucs en fin d'année, mais la liste est déjà longue...